Les PME et les ETI dont l’organisation et les procédures ont été bouleversées par la crise du Covid-19 sont davantage exposées et vulnérables aux fraudes en ce moment, et en particulier si elles ont un nombre élevé de fournisseurs.
L’entreprise pharmaceutique CERP Rouen en a tout récemment fait les frais en étant la victime d’une « fraude au virement » audacieuse, opportuniste et d’une redoutable efficacité.
Il s’agit d’une ETI basée en Seine-Maritime et qui appartient au groupe coopératif de pharmaciens Astera. Forte de 32 agences en France et 4 en Belgique, elle a réalisé en 2018 un CA de 3,7 milliards d’Euros pour un bénéfice net de 19,8 Millions d’Euros, ce qui la place au deuxième rang des grossistes-répartiteurs sur le marché français.
Début mars, croyant effectuer un virement bancaire à un de ses fournisseurs habituels pour une commande urgente et massive de réapprovisionnement en masques FFP2 et gel hydroalcoolique, elle a donné ordre de paiement pour un montant estimé à 6,6 millions d’Euros au profit d’une société fantôme. Les marchandises commandées ne sont jamais arrivées. Les escrocs qui s’étaient habilement substitués au fournisseur se sont tout simplement évaporés. A cette date, Il s’agit indiscutablement de l’arnaque la plus lucrative et la plus sophistiquée opérée en France depuis le début de la crise du Covid-19.
La solidité financière de la société n’est pas affectée par cette fraude a fait savoir la direction. Elle reconnaît néanmoins via un communiqué qu’en 100 ans d’existence, c’est la première fois que la société est victime de ce type de fraude, et pour un montant qui plus est très important. Celle-ci a sans aucun doute été favorisée par la crise sanitaire qui a généré en interne des mesures d’urgence et une tension opérationnelle très forte pour fournir le marché en continu.
L’enquête a ensuite démontré que les coordonnées bancaires renvoyaient vers une société fictive dont le pays d’origine demeure encore inconnu à ce jour. Selon une source proche de l’affaire, les fonds ont peut-être pu être bloqués par les autorités de Singapour, sans savoir encore pour autant s’ils pourront être récupérés par l’entreprise.
De bonnes pratiques systématiques doivent être adoptées pour préserver votre entreprise de telles situations. Par exemple, ne jamais payer dans l’urgence un fournisseur. Les fraudeurs appuient en effet toujours sur le caractère urgent du paiement. C’est donc un indice susceptible de donner l’alerte.
Il faut également croiser un maximum d’informations, prendre des avis différents et bien évidemment se reposer sur des personnes de confiance qui connaissent bien l’organisation.
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